samedi 5 janvier 2008

dans la tête de stepan















Il était 20h, les métros passaient les uns après les autres, peut-être même quelques uns avant les autres. Le même bruit et la même scène se répétaient à chaque fois avec le métro d'après ; c'est à se demander si les passagers dès qu'ils descendaient du métro sortaient pour revenir à la station précédente et lui foutre cette étrange impression, ou alors ce sont des gens qui ont été clonés au même nombre de métros qui allaient passer par là.
Peut-être aussi que cette impression n'est que le produit de son mental qui aime bien lui jouer des tours par simple coquinerie. Il se peut aussi qu'un bug dans la machine qui coordonne le fonctionnement spatio-temporel de ce monde ait fait en sorte que l'espace et le temps se répètent (une sorte d'escalier spatio-temporel), mais dans ce cas il n’aurait pas été le seul à être au courant et les gens auraient à chaque fois la même réaction d'affolement qu'il aurait pris grand plaisir à visionner et visionner à nouveau.
Au bout du 18éme métro une impression d'angoisse s'empara de Stepan, il se prit à se demander si ses pensées étaient bel et bien logiques, qu'est-ce que la logique ? Est-ce que la scène se répétait vraiment ou est-ce que c'est lui qui à chaque fois se trouvait dans un autre corps que le sien dans une autre station ? Et si ces gens qui descendaient du métro arrivaient à lire dans ses pensées et remarquer l'absurdité de son raisonnement, comment va-t-il réagir ?

Tout d'un coup un grand sourire lui apparaît en face avec le slogan "achetez moi et la vie vous sourira", c'est ce que Stepan attendait, il le voulait et le désirait ; il retrouva tout d'un coup son calme dans ces affiches qui l'entouraient, il les aimait ces affiches elles étaient les seules à lui rapporter du réconfort dans son angoisse. Il s'approcha de l'affiche, écarta le sourire du monsieur et se laissa dévorer par cette bouche qui lui redonna son confort. Il entra dans un état de conscience parallèle, les couleurs se mettent à fleurir de partout, des jets aléatoires désordonnés lui tâtonnaient l'esprit, des formes venaient l'effleurer avec un certain aspect qui reflète la curiosité infantile...

Stepan était heureux avec ces couleurs, il les aimait, il voulait les croquer, les manger sans leur faire de mal, il aurait même aimé se laisser manger par ces dernières, si dans le même cas où ça ne lui aurait pas fait mal.
Stepan est là où il faut, peu importe le métro ou le bug interdimensionnel...
Il retrouve le sourire de sa mère, la chaleur de son père, le cri de ses soeurs, son premier cri qu'il a poussé quand il était bébé qui marque la fin de la lutte qu'il avait mené pour ne pas entrer dans la sphére de l'existence.

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